
Qui aurait donné cher de sa peau au début de l’été ? alors que le soir de sa première la Voile bleue présente sur sa plage deux DJ’s –tête d’affiche d’une programmation estivale étoffée.
Réponse : pas grand monde.
Mais à une heure du matin, une vague bleue zèbre une piste tenue à bout de bras depuis 22h00 par Jorge. La vague des déconcertés. À ce moment, personne ne le sait, mais la sanction tombe. Un son faiblard, un arrêté têtu, une salsa déroutante renversent une situation voilée d’avance. Et jusqu’à ce mercredi 12 septembre, cet ancien magasin de bateau -qui a coulé- a arrimé sur son îlot tropical le gros de ces danseurs débarqués.
Retour sur un succès incontestable.
Culotté sinon hasardeux de lancer sa soirée dans l’ombre de celle de la paillote du Grand Travers. Il fallait oser. Et réussir d’entrée : la direction du Zèbre ne lui aurait pas laissé la possibilité de se refaire. Jorge s’est montré chanceux. La météo passable, un resto sur le passage, et très tôt arrive de quoi surchauffer l’ambiance. La sauce prend, si bien que le patron des lieux décale l’heure de la fermeture. « Jusqu’à quand ? » demande quelqu’un. « Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus personne ; quelle question ! » Ici pas d’arrêté aberrant. Un parking géant. Une déco baroque donnant sur un patio japonisé dans un oasis. Dépaysant, rafraîchissant. Un son limpide ; une piste confortable en teck huilé ; des serveuses qui offrent un verre de temps à autre. L’Eden cubanisé. Parce que le savoir-faire de Jorge a fait le reste : une musique cubaine accessible, quelques tueries, un rythme calé sur le public ; le cocktail parfait.
Sur la piste savaneuse des soirées d’été, loin des plages et du tourisme, Jorge nous a offert de grands moments sans taches. Le Zèbre bleu est dorénavant à l’abri de tout safari. Chapeau.
F.B