jeudi 22 novembre 2007

[CONCERT] Le cyclone Maikel fiestanise l'Antirouille










Annoncée et vérifiée : tempête de timba. Maikel Blanco et son ouragan collectif ont déferlé par trombes successives. Ils ont surtout redéfinis le sens que Montpellier donnait au mot fête.
Hier, les rafales de cubaine étaient de force treize sur scène.

Température chaude, tourbillons de feuilles mortes, sable criblant les affiches de concert placardées sur la façade sombre de l’Antirouille : un prélude orageux.

A l’étage, le carnavalesque Nichito encanaille le public à coups de lascifs mouvements de cintura. Il a le diable au corps. Une sulfureuse grivoiserie afro-cubanisée comme un arrière-plan pour une réalité travestie par un Almodovar toujours aussi débridé. La musique de Javier déchaîne. Le sang bouillonne, le sortilège tenaille les reins, le cœur est en plein tumulte.

Les bad boys de Salsa Mayor rappliquent sur une estrade de braises. Casquette enfoncées, polo Armani, coupe de cheveux oxygénée ou jacksonisée. Des « lutins funky ». Jeunes mais porteur d’une musique mature ; déjà à l’étroite entre Kool and The Gang et grand frère Van Van. Ils passent du studio à la scène comme des ados qui s’accrochent à une enfance trop vite déquillée. Incapables de décevoir.

Anda y pegate et Recoge y vete à l’ouverture : on est dans le songo du cyclone de suite. La barre est à pic du répertoire, le public sidéré. Et ils font le plein de pépites : Cimarron, Esto estas, La masa, Que tengo… Güiro sur le gâteau : la circulation de l’énergie festive spatialise orchestre et public. Ils feraient danser des hiéroglyphes en 3D. A un moment, on a l’impression qu’il y a plus de monde sur scène que dans la salle. Des filles surtout. Elles assaillent, minaudent, hésitent puis provoquent. Un concours de beauté sans concours. Passage amer mais si confiant que personne ne peut envisager le drame : Hector, la main sur le cœur, évoque le triste sort de Momo, et appelle à la mobilisation. La salsa est aussi une famille.

C’est frais, limpide, jubilatoire. Extrêmement contagieux. C’est surtout un bain de fête. Un exemple éclatant de l’esprit qui doit guider nos pas sur les pistes de danse, loin de la technique vidée du contenu émotionnel et des querelles esthétiques de clocher.
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F.B



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