
Comment imager le style Pupy ? Prenez un piano de bastringue légèrement dissonant et qui se met par moments à jouer tout seul, rajoutez une section de cuivres, trois chanteurs se harponnant pour relancer la machine, une rythmique empruntée à Tito, Mongo et Earth Wind and Fire, et frottez comme un güiro. Il en ressort cet hypnotique jeu unique sans temps morts de tumbao. Ragtimisé, galopant, forcément entraînant. Et on danse aussitôt sur place, après Que cosas tiene la vida pour les mini-réglages de retour.
Il fait chaud. La scène est dans le public. Ils sont trop nombreux ces Cubains. La charnière centrale Pépito-Mandy mouille la chemise –ouverte avec chaînes en or qui brillent-, le contrebassiste ne lâche pas des yeux les mains de Pupy qui pose les siens sur le batteur qui… On s’écoute du regard, on joue avec le coeur. La musique est un cadeau pour les danseurs. Et la magie opère. La fièvre monte. Sur Dicen que dicen, le thème revient par surprise parce qu’on a fait semblant de ne pas faire exprès de l’oublier.
On a droit à tout. Même à la coupure de courant comme à Cuba -alors que tout est en place et fait du sur place pour improviser sur La Machucadera. Ça repart. Les tubes s’enchaînent. Pupy se laisse une respiration pour mieux nous exposer sa cuisine syncopée d’accords complets renversés. Son touché percussif. Sa manière de taper sur ses accords pour leur donner le son qu’il désire, c’est-à-dire un petit peu désaccordé. Il rigole. Passe la main. Son trompettiste s’avance, et pulvérise des notes trop longtemps coincées entre Cuba et New-York.
Le chef présente Los Son Son, mais eux veulent continuer à jouer. Deux heures s’écoulent sans qu’on veuille les entendrent sonner. Rappel, mais pas de retour. On a tout donné. La générosité, la route –avant-hier en Italie, ce soir à Paris-, ça fatigue. Et puis tout est dit. Il n’y a rien à rajouter.
Le manitou, qui a marqué les Van Van autant que les Van Van l’ont marqué, a démontré que si le piano est le roi, il reste le grand créateur d’une musique qui a estampillé son époque et toute une génération de danseurs.
F.B
Pupy et Mandy encore et encore...
mardi 16 octobre 2007
[CONCERT] Le manitou de la timba désoxyde à l'Antirouille
Publié par
Frédéric Berthezène,
à
13:27
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1 commentaire:
Une très grande soirée, merci a Cubadoc de nous permettre d'assister à ces concerts...on a vraiment beaucoup de chance à Montpellier...c'était magique, vivement la suite avec Maikel Blanco, Elito Revé et Bamboleo à nouveau!!!Que du bonheur !!!!!!
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